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L’orientalisme

L’orientalisme en tant que discipline scientifique n’apparaît qu’au XVIIe siècle. Les érudits étendent l’humanisme de la Renaissance aux littératures orientales qui se trouvent à la conjonction des études religieuses et de l’héritage gréco-romain.
Les premiers orientalistes français se trouvent d’abord sous la protection des « Grands » du Royaume, le cardinal de Mazarin, Nicolas Fouquet, avant de passer sous la protection exclusive du roi, puis dans un second temps, la Bibliothèque royale deviendra un véritable centre de recherches où l’on élaborera des dictionnaires, des grammaires, des notices de manuscrits de ce que l’on appelle alors les langues orientales : le turc, l’arabe et le persan.
L’orientalisme à plusieurs branches, dont l’une d’entres elles à été créée par une filière « drogmanale » en 1669 par Colbert. Des enfants sélectionnés parmi des commerçants français du Levant sont formés dans un premier temps aux humanités dans un collège Parisien pour ensuite être envoyés à l’ambassade de France à Constantinople, afin d’acquérir la connaissance des trois langues orientales. Ces traducteurs officiels ou drogmans feront l’essentiel de leur carrière en Orient.
A cette époque, l’orientalisme est avant tout un humanisme érudit.
A cette même époque, la littérature commence a être un vecteur de communication pour l’Orientalisme. Jean de La Fontaine qui était lié à ce milieu a ainsi pu disposer de récits d’animaux propres au domaine arabo-persan et qui lui ont servi de sources dans la composition de ses Fables. Puis au début du XVIIIe siècle, la traduction des Mille et Une Nuits par Galland va permettre la création d’un vaste imaginaire oriental qui deviendra un élément essentiel de la littérature occidentale, sans oublier la publication des Lettres Persanes de Montesquieu (1721) qui ont massivement contribué à créer une "image" de l’Orient dès le 18e siècle.
Ainsi l’austère démarche érudite débouche sur un élargissement de l’imaginaire Européen. Ainsi naît un orientalisme des Lumières qui s’inscrit dans la continuité de l’époque précédente.

L’Orient attire… car son nom promet une nouvelle naissance et la Turquie apparaît comme le territoire fondateur de l’Orientalisme. Rôle qui restera important jusqu’au 19ème siècle.

Par conséquent pour découvrir cet Orient qui promet tant, le voyage semble ainsi l’atelier de l’orientalisme, même si une partie des productions des œuvres est inspirée par un œil sédentaire. Eh bien sûr tout naturellement Constantinople fut la première destination des Orientalistes.
Néanmoins, chez les voyageurs des XVIIe et XVIIIe siècles, les notions ethniques sont confuses, ce qui reflète l’indétermination de ce type d’identité dans la réalité Ottomane. Le plus souvent le terme de « Turc » est utilisé dans le sens de « musulman ».
Le fait que des artistes peintres et des écrivains se rendent sur place va permettre à l’Occident de se fonder une représentation de l’Orient. De même, en littérature au 19ème siècle, des nouveaux auteurs se penche sur l’Orientalisme. Cette « seconde renaissance » vise à retrouver les sources communes de l’Orient et de l’Occident en constituant une source d’inspiration émanant de l’humanisme gréco-romain.
En littérature, l’orientalisme est étroitement lié aux valeurs du romantisme littéraire des premières décennies du 19e siècle. L’allemand von Schlegel écrit en 1800 qu’il faut chercher en Orient le "suprême romantisme" publient des livres basé sur l’orientalisme.
Avec l’évolution rapide des moyens et des conditions de transport, beaucoup de voyageurs partagent leur expérience avec le grand public, avide de ces récits. Parmi les plus populaires, les ouvrages d’Evariste Huc, Chateaubriand, Victor Hugo, Lamartine, Gérard de Nerval, Gustave Flaubert, Paul Claudel et bien sûr Pierre Loti.
Dès la période de la Restauration, l’Orientalisme connaît un développement fantastique où les littératures orientales (du domaine Arabe à l’Inde) deviennent source d’inspiration pour la littérature européenne. Un Orientalisme littéraire et artistique se constitue et se développe, avec ses catégories propres, qu’il faut différencier de l’Orientalisme scientifique.
Au début du XXe siècle, le système colonial connaît son apogée. Le savoir colonial, fondé sur l’utilisation des sciences sociales pour mieux comprendre le contemporain, se donne une profondeur historique en ayant recours à l’Orientalisme savant, qui est une autre branche de l’orientalisme, celui-ci servira a préparé involontairement les indépendances.
L’orientalisme se maintient avant tout en raison de la spécificité de sa formation. L’européocentrisme, voire le francocentrisme des disciplines universitaires, marginalisent les chercheurs qui tendent naturellement à se regrouper de façon pluridisciplinaire autour de leurs aires culturelles. Si la décolonisation a mis fin à la domination européenne, elle n’a pas épuisé le phénomène historique de la colonisation qui appartient à une plus longue durée.
La spécificité de l’orientalisme français d’aujourd’hui tient à une moindre distinction entre l’intérieur, et l’extérieur, avec l’acceptation d’un pluralisme culturel lié aux cultures d’origine, accompagné du rejet vigoureux de toute forme de communautarisme.

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