Istanbul, la ville où les chats sont rois

Particulièrement aimés et protégés en Turquie les chats errants d'Istanbul font l'objet d'un documentaire, qui sort mercredi dans les cinémas français.

Ils sont partout. Couchés sous une voiture ou à l'angle d'une ruelle, bondissant de table en table aux terrasses des cafés. Les chats arpentent les rues d'Istanbul comme s'ils en étaient propriétaires. Selon les chiffres de la mairie, la ville compterait au moins 125 000 chats errants, d'autres avancent le chiffre de plusieurs centaines de milliers. Si certains sont efflanqué, ils sont en général bien nourris grâce aux razzias qu'ils lancent régulièrement sur les poubelles. Mais ils peuvent surtout compter sur la bienveillance des habitants pour veiller à leurs besoins.

Abrités en hiver

« J'aimerais bien en adopter un, mais mon appartement est trop petit, je me contente de les nourrir », raconte Hediye, informaticienne de 28 ans. Comme de nombreux Stambouliotes, elle remplit régulièrement une gamelle de restes de repas, de pâtée pour chats et de croquettes avant de la disposer devant son immeuble ou à l'entrée d'un parc. En hiver, on leur confectionne des niches, on les laisse occuper les halls d'immeubles, on les recueille chez soi quand il neige.

« Dans ma rue, il y avait cette chatte que l'on appelait Superman à cause des sauts qu'elle effectuait dans les airs. L'hiver dernier, j'ai vu qu'elle attendait des petits, je l'ai prise chez moi, le temps qu'elle mette bas », raconte Furkan, commercial quadragénaire. Certains de ces félins ont acquis une certaine célébrité dans leur quartier où on leur donne un surnom et où l'on commente leurs derniers faits d'armes entre habitants.

Sur la rive asiatique d'Istanbul, le quartier de Kadiköy est un havre urbain pour les minets. En 2016, lors de la mort du matou Tombili, la mascotte de l'impasse Güleç, les habitants de la rue ont lancé un hommage sur Internet. L'initiative a récolté tellement de signatures que les élus du quartier ont érigé une statue du dodu félin à l'endroit où il avait l'habitude de s'étendre (photo).

Cet amour des chats s'explique notamment par la religion. Le prophète de l'Islam, Mahomet, est connu pour l'attention qu'il portait à ses animaux, et en particulier à sa chatte, Muezza.

Et gare à ceux qui lèvent la main sur ces animaux ! Début décembre, la vidéo d'un militaire turc maltraitant un chat a enflammé les réseaux sociaux. L'État-major de l'armée a dû condamner l'acte publiquement.

Raphaël Boukandoura

Source : Ouest France, le 25/12/2017. 

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